L’imprimerie a été inventée par Gutenberg au 15e siècle, avec des caractères mobiles en plomb qui prennent l’encre et la reportent sur le papier. C’est le procédé typographique, qui est resté dominant jusqu’au 20e siècle. L’offset est ensuite devenu le procédé de référence pour l’impression professionnelle, mais est désormais concurrencé par l’impression numérique pour certains travaux.
L’impression offset, ou le mélange impossible de l’encre et de l’eau
L’offset se caractérise par la répulsion entre l’encre qui est naturellement un corps gras, et l’eau qui ne se mélange pas avec l’encre.
On utilise pour cela une plaque métallique souple, recouverte d’une couche photosensible. Un laser vient insoler cette couche pour y inscrire les zones qui doivent recevoir l’encre (lipophiles) et celles qui doivent recevoir l’eau (hydrophiles). La plaque est ensuite enroulée autour d’un cylindre porte-plaque, l’encre se dépose aux endroits souhaités, se reporte sur un cylindre en caoutchouc appelé le blanchet, et celui-ci reporte l’encre sur le papier.
CMJN : quatre couleurs qui simulent (presque) toutes les autres
L’impression offset se caractérise par l’utilisation de 4 couleurs élémentaires, chacune retenant la lumière sur sa partie du spectre. Comme les enfants à l’école maternelle, on superpose du jaune et du bleu pour faire du vert, et en rajoutant du rouge on obtient de multiples combinaisons. Mais en imprimerie le bleu est du Cyan, tandis que le rouge est du Magenta. Le Jaune est imprimé ensuite, enfin on rajoute du Noir pour obtenir des tons plus profonds. On obtient ainsi la quadrichromie en CMJN (traduite en anglais par CMYK).
L’impression se faisant selon de minuscules points d’encre selon une trame bien précise, l’œil humain ne parvient pas à distinguer ces quatre couleurs élémentaires, leur mélange fait alors son effet et simule un ensemble plus important de couleurs.

L’impression offset en feuille à feuille
En offset feuille, le papier est fourni en feuilles d’un format adapté au besoin. Chaque feuille est envoyée dans la machine d’impression, qui imprime la séquence des 4 couleurs CMJN. L’encre peut sécher naturellement à température ambiante, mais pour certains travaux on utilise désormais des machines avec un séchage à ultra-violet. La pile de feuilles est retournée pour être à nouveau imprimée au verso. Pour gagner en productivité, il existe des machines avec 8 groupes d’impression qui retournent la feuille à mi-parcours pour imprimer en quadrichromie au recto et au verso en un seul passage.
L’impression offset feuille est compétitive dès que le tirage atteint quelques centaines d’exemplaires, jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de feuilles.
L’impression offset rotative, pour les volumes importants
En offset rotative, le papier est fourni en bobines. Elles sont déroulées et la bande est envoyée dans les groupes d’impression, qui impriment simultanément le recto et le verso de la bande, toujours selon la séquence CMJN. Pour des journaux quotidiens ou des produits de faible qualité la bande de papier n’est pas séchée, mais sinon la bande de papier passe dans un sécheur à gaz, puis est refroidie pour figer l’encre. Elle est ensuite découpée et pliée pour former des cahiers, jusqu’à 96 pages pour les rotatives les plus imposantes. Les rotatives peuvent fonctionner à près de 50 000 tours à l’heure, ce procédé est donc réservé aux tirages de plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, ou pour des travaux avec une forte pagination.
L’impression numérique, et chaque exemplaire devient unique
L’impression numérique s’affranchit de la contrainte physique d’utiliser une plaque offset pour reporter l’encre sur le papier. Il n’y a ainsi plus de frais fixes, et le numérique est plus compétitif que l’offset jusqu’à quelques centaines d’exemplaires. Au-delà, la vitesse des machines offset reste plus intéressante.
Mais bien souvent, la puissance du numérique n’est pas utilisée complètement et on se contente d’imprimer un faible tirage d’exemplaires tous identiques, alors que chaque imprimé pourrait être unique.
Il est en effet possible de varier à l’infini le texte ou les images, et même de personnaliser des images. La seule limite est votre imagination, mais il faut vérifier la maîtrise technique de votre équipe prépresse et la puissance des outils informatiques de l’imprimeur, car le volume de données à gérer peut vite devenir très important.
On peut ainsi produire des imprimés publicitaires avec un contenu personnalisé pour chaque destinataire, en fonction de ses habitudes d’achat. On peut aussi imprimer une série de commandes différentes en standardisant le papier pour pouvoir les enchainer, on parle alors d’impression à la demande pour des livres, des cartes de visite, des flyers, etc.