Comment choisir le bon papier pour son impression ?

Support physique de votre imprimé, mais aussi contact tactile avec votre lecteur, le papier est LE vecteur sensoriel qui transmet votre message. Il est aussi un poste de coût très important dans votre budget.

Alors, avec ou sans bois, couché ou non-couché, grammage, opacité, blancheur, brillance sont autant de paramètres à analyser pour faire le choix qui vous correspond.

Les différents types de papier

Le papier est principalement constitué de fibres de cellulose issues du bois. La cellulose est un polymère naturel, dont les caractéristiques mécaniques donnent au papier sa résistance. Concrètement, le bois est déchiqueté et broyé dans une grande quantité d’eau pour extraire les fibres de cellulose sous forme d’une bande de papier qui est ensuite égouttée, pressée et séchée. On peut ajouter une couche de surface pour améliorer la blancheur et la brillance du papier, on parle alors de papier couché.

Votre papier, vous le prendrez avec ou sans bois ?

Dans le bois, il n’y a pas que de la cellulose. La lignine est un autre composant présent, mais celui-ci se dégrade sous l’effet de la lumière et jaunit. On peut laisser cette lignine dans des papiers qui ne seront pas conservés longtemps, comme du papier journal ou des imprimés publicitaires. On parle alors de papier avec bois, ou avec des traces de bois si on a retiré une partie de la lignine.

Si l’imprimé doit être conservé durablement, il faut retirer cette lignine de la pâte à papier par des procédés chimiques. On parle alors de papier sans bois. C’est le cas pour des beaux livres, des magazines de qualité ou des catalogues pour des produits hauts de gamme.

Usine de papier

Le papier non couché

Composé uniquement des fibres et des sous-produits issus du bois, et n’ayant pas reçu de couche de surface, le papier non couché est souvent appelé par déformation le papier offset. C’est celui que vous retrouvez dans votre imprimante de bureau, dans des cahiers, mais aussi des livres ou des journaux. A noter qu’en anglais ce papier non couché est dit uncoated, dont le U se retrouve dans les nuanciers Pantone.

Ce papier a une surface moins lisse qu’un papier couché, moins blanche également. Ses fibres sont directement accessibles donc il absorbe plus d’encre, son rendu sera moins vif qu’un papier couché pour des illustrations en couleurs. Cependant sa surface plus texturée offre un touché plus chaleureux, et il sera plus confortable pour une lecture prolongée.

Le papier couché

Le papier couché (Coated en anglais, donc les références terminant par C dans les nuanciers Pantone) reçoit une couche de surface, composée d’agents minéraux naturels et blanchissants comme le carbonate de calcium ou le kaolin. Des pigments supplémentaires peuvent être ajoutés pour augmenter encore plus la brillance et la blancheur.

Ce papier offre donc une surface plus lisse et plus fermée, l’encre pénètre moins dans le cœur du papier et cela permet un rendu colorimétrique plus vif et plus contrasté.

Selon la finition, le papier couché peut être brillant et permettre une très bonne qualité des illustrations, il peut être mat pour améliorer la lisibilité des textes et offrir un aspect plus sobre, ou demi-mat (aussi appelé satiné ou silk) pour trouver un compromis entre le rendu visuel des illustrations tout en conservant un confort de lecture qui ne sera pas perturbé par la brillance.

Grammage, main, blancheur, opacité, brillance : comprendre ces critères

Le grammage est le poids du papier, il est exprimé en g/m². Il peut être d’à peine 36 g/m² comme dans la fameuse collection La Pléiade de Gallimard, 50 à 60g/m² pour les journaux et certains magazines ou imprimés publicitaires, un grand nombre d’usages sont entre 70 et 90gr, et au-delà pour des beaux-livres, des bandes dessinées, des flyers, des cartes publicitaires, etc. Le choix du grammage est crucial, notamment dans le cas d’une distribution par routage postal car le coût d’affranchissement va être proportionnel au poids du produit imprimé.

Le grammage est indépendant de l’épaisseur du papier. Il suffit de comparer 200 pages d’un magazine avec 200 pages d’un roman qui seraient tous deux imprimés sur du papier 80 g/m², et pourtant ils n’ont pas du tout de la même épaisseur ! Ainsi la main est le rapport entre l’épaisseur et le grammage. Ce critère varie entre 0,8 et 1,8 environ. Un papier plus épais donne une meilleure sensation de rigidité, il se fait passer pour un grammage supérieur alors qu’il est moins lourd, et donc plus économique à l’achat et au routage.

A ces caractéristiques liées à la matière du papier, il y a des critères qui précisent ses qualités visuelles :

  • la blancheur est à prendre en compte notamment pour privilégier le contraste et le rendu colorimétrique. Elle est mesurée selon différents standards ISO. Quand on utilise l’indice ICE, un papier recyclé sera inférieur à 145, des blancheurs standard iront jusqu’à 159, au-delà le papier présente une blancheur élevée voir une qualité extra-blanche à partir de 169. Plus la blancheur sera élevée, plus le rendu sera lumineux et contrasté, mais une blancheur trop élevée peut rendre la lecture plus inconfortable. 
  • l’opacité détermine la capacité du papier à ne pas être trop transparent, c’est un critère essentiel pour éviter de voir ce qui est imprimé au verso de la feuille et que cela vienne dégrader le confort de lecture et la qualité du rendu visuel. Plus on se rapproche de 100% et plus le papier est opaque. Ce point est à vérifier en particulier pour des grammages minces qui ont moins de matière pour être opaques, et bien sûr pour des contenus imprimés avec une forte charge d’encre. 
  • la brillance correspond à la lumière renvoyée par le papier. Elle est mesurée en particulier sur les couchés brillants pour vérifier précisément cette caractéristique, et s’exprime en pourcentage (une valeur proche de 100% signifie une brillance importante).